Notre cerveau sécrète du cannabis ! (suite et peut-être fin…)

Voici la suite du résumé de Boris Cyrulnik, l’ensorcellement du monde, page 187 à 198, Editions Odile Jacob poches.

Dans l’épisode précédent, nous avons vu les animaux se droguer, et les humains se  créer de  l’adrénaline par la roulette ou la kleptomanie !

Aujourd’hui… de plus en plus fort : le cerveau fabrique la drogue par les conduites à risque … et le récit !

Un simple récit, une musique, un tableau, une séance d’hypnose métaphorique…ou conversationnelle…

Lisez le chapitre intégralement, car je ne peux  ici qu’en donner quelques citations trop tronquées : l’original est encore plus passionnant !

C’est moi qui ai rajouté des sous-titres

Le cerveau sécrète une synthèse du cannabis !

(…) » Dans une société morne, les hommes pour se sentir exister, se provoquent des sensations au moyen de représentations qui mettent en scène des jeux avec la mort.  L’effet euphorisant et antidépresseur de ces conduites à risques est très étonnant, tous les survivants en témoignent.
« En associant les données anthropologiques, cliniques, vétérinaires et neurobiologiques, au lieu de les opposer, on peut expliquer ce mystère. Les animaux nous apprennent qu’une vie sécuritaire crée une sensation de non-vie routinière qui pousse à la recherche d’excitations nouvelles. C’est ainsi que l’on peut voir un chat engourdi depuis longtemps bondir sur un bouchon et entreprendre un splendide dribble de football qui se termine la plupart du temps sous une armoire.  On peut observer un aigle qui, paisible depuis quelques jours, se met à attaquer tout ce qui bouge, manifestant ainsi sa profonde motivation à la chasse, provoquée par un manque de mouvement et d’événement.

« Les neurobiologistes nous expliquent que la création de la sensation d’événement dans un organisme en état de manque modifie les sécrétions neuronales et entraîne même la synthèse cérébrale du cannabis. Le principe actif de la fumée de cannabis est le delta-9-tetra-hydro-cannabinol (THC),dont les récepteurs les plus avides se situent en abondance dans le cerveau profond de la mémoire et des émotions et un peu moins dans le cortex et les noyaux qui commandent l’harmonie des mouvements. La cartographie de ces récepteurs explique les effets psychologiques, affectifs et comportementaux du haschich : bien-être euphorique par stimulation limbique, apaisement moteur par action sur les noyaux qui commandent la neuromusculature,  troubles de la mémoire et suppression de l’angoisse par saturation des circuits entre le cortex et le rhinencéphale.

« Puisque tout organisme sécrète un cannabis de formule chimique très proche de celui des plantes, l‘anandamide (mot dérivé de l’Ananda, « félicité » en sanskrit), il devient possible d’agir sur le cerveau par des moyens chimiques, existentiels ou artistiques. Les moyens chimiques sont connus et commercialisés, comme les cachets de tranquillisants, les cigarettes ou les tisanes de marijuana. La formule chimique de ces substances naturelles ou synthétiques, proche de celle sécrétée par l’organisme, inonde les récepteurs cérébraux et provoque les effets prévisibles d’euphorie, de détente tranquillisante et de modification non consciente de la mémoire et du jugement » (…)

Un troisième procédé qui induit la sécrétion de cannabis naturel, c’est le récit !

« Il faut maintenant souligner que chez l’homme existe un troisième procédé qui induit la sécrétion de cannabis naturel, c’est le récit ! Une simple représentation possède un effet émotionnant bien supérieurs aux perceptions. » (…)
« Les hommes manifestent des stratégies contraires face aux sensations. Certains en sont avides et cherchent constamment les substances, les scénarios où les récits qui provoquent ces émotions, délicieuse pour eux. Alors que d’autres, terrorisés par ces mêmes sensations, travailentlà les éviter à fin que rien ne bouge et que la paisible uniformité des jours crée  en eux un effet tranquillisant » (…)

« Le leurre chez un papillon n’est que chimique. Une molécule de phéromones se fixe sur les cupules de ses antennes et le gouverne si puissamment qu’il répond à la molécule commerciale bien mieux qu’à celle sécrétée par la femelle. Chez l’homme, ce plaisir synaptique existe aussi. Respirer une odeur qui le met en appétit, ou éprouver le doux contact d’une caresse, constituent les plaisirs synaptiques dont la drogue est le super signal. Mais au plaisir du papillon s’ajoute rapidement un plaisir affectif,  un surplus contextuel. Le simple fait de percevoir un sourire augmente la sécrétion de mes endorphines puisqu’il m’attendrit et m’euphorise tendrement. De même qu’une mimique ou une posture de menace augmente la sécrétion de mes catécholamines,  puisque mon pouls s’accélère et que ma bouche sèche. Mais il m’arrive de percevoir sans me représenter, comme lorsque je marche à côté d’un ami qui me raconte des choses passionnantes. Mon organisme règle tous les problèmes de la chaîne des corps, des trajectoires au coin des rues et de l’évitement des passants. Mais c’est l’histoire que nous aurons fabriquée ensemble qui deviendra un événement psychique. Ce qui est injuste, car mon corps a résolu tous les problèmes du traitement des informations sans aucune reconnaissance ! »

(…) « Les mots, les gestes et la musique, mis à la place de l’objet évoqué, ont provoqué dans mon corps des modifications réelles. »

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